Elaboré par les Noirs des Etats-Unis d Amérique, le blues se distingue par une formule harmonique constante et un rythme à quatre temps. Cette régularité lui donne un caractére très personnel parfois unpeu répétitif. En concert samedi soir au Cellier de Marianne du Locle, lesquatre musiciens du B.B.& The Blues Shacks, accompagnés pour l occasion de deux invités, ne sont pas tombés dans le genre lancinant, et encore moins dans le larmoyant, pour la plus grande joie du public.
Pour le profane, le blues a une connotation particulière, dans le sens où il inspire de la mélancolie, voire de la tristesse. Si ce sentiment se vérifie de temps à autre, il ne faut surtout pas le généraliser, car cette musique dispose de ressources exceptionelles, doublées d une incroyable vitalité. Il est dès lors du ressort de ses interprètes de lui adresser les tettres de noblesse qu elle mérite, en la faisant vivre ou revivre par I intermédiairede mélodies qui engendrent tout sauf la déprime. les hôtes de la petite cave du Crêt-Vaillant s y sont allelés, avec le talent que nécessite une telle gageure. Si fait que les spectateurs n ont pas attrapé le cafard, bien au contraire. Se laissant entraîner au fil des rythmes plus ou moins rapides, mais jamais monotones, ils n ont pas tardé à vibrer à l écoute de ces airs souvent connus que Louis Prima, Ray Charles, Fats Domino et beaucoup d autres ont perpétués. A ce titre, B.B.& The Blues Shacks a parfaitement rempli son mendat. Emmenés par leur leader et joueur d harmonica Michael Arlt, au tempérament fougueux, les membres du groupe n y sont pas allés par quatre chemins pour exprimer, naturellement et sans fastes excessifs, leur réel plaisir à jouer de bons et percutants blues, capables de réveiller le plus endormi des spectateurs. Pas le temps de souffler, ni même de s offrir une petite pause tant la cadence est rapide. Ce dynamisme, cet enthousiasme communicatif, cette verve, les instrumentistes les ont mis au service de la musique.
Après Bo Weavil, que la critique spécialisée a nommé, meilleur groupe francais de blues, I’association talantaise Jagoblues a recu, vendredisoir, B.B.& The Blues Shacks, un groupe allemand venu de Hanovre lui même classé meilleur groupe européen en 1997 et 1998 par la presse américaine puis enfin pour terminer I’incontournable américain, un noir bien sûr, grand maître de la spécialité : Byther Smith. - B. B. & The Blues Shacks dynamisme et joie de jouer – Ils sont quatre à s’éclater sur scène, quatre qui, à I’évidence, s’amusent cornme des petits fous en jounant leurs compositions rythmées et qui alternent avec bonheur quelques reprises de la même veine, toutes empreintes du classicisme de Little Walter, I’une des stars des années 50, à Chicago. Pour une musique enlevée, d’une rare vitalité, tonique et pleine d’un dynamisme assurément communicatif ils ont, vendredi soir, donné deux heures de plaisir à une assistance pour le moins ravie. Les frères Arlt, Andreas à la guitare, et Michael auch chant ou à I’harmonica, Henning à la contrebsse, et un autre Andreas à la batterie, sur des musiques swing ou Texas jump, ont obtenu un succès ô combien mérité dans la petite salle Gabin, à I’espace Brassens. Leur musique, à I’opposé de tout ce qui peut engendrer la mélancolie, a rapidement séduit le public qui ne s’est pas privé de manifester bruyamment sa satisfaction et d’en redemander.

